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Impunité. Impunidad. Impunity. FRA ESP ENG

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Publicado hace 3 días.

Qui punira Israël? ¿Quién castigará a Israel? Who will punish Israel?

Image: Taysir Batniji //// De la série « Home Away From Home » (Un chez-soi loin de chez soi), 2016 -2017

FRANÇAIS

Impunité

Qui punira Israël, ou du moins ses dirigeants, pour la destruction de Gaza et la mort de dizaines de milliers de civils palestiniens ? Certainement pas les États-Unis.

La présence de M. Benyamin Netanyahou à la fête du Nouvel An du président Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago témoigne, s’il en était besoin, des privilèges dont le chef du gouvernement israélien jouit sur le sol américain.

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a pourtant émis à son encontre — ainsi qu’à l’encontre de son ancien ministre de la défense Yoav Galant — un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Même si les États-Unis n’ont pas ratifié le traité de Rome qui instaure la CPI, ce mandat, reposant sur des accusations gravissimes — recours à la famine et à la privation de médicaments, de carburant et d’électricité comme méthode de guerre —, aurait pu justifier l’arrestation du premier ministre israélien.

Il aurait au moins dû l’empêcher de traverser les espaces aériens de la Grèce, de l’Italie et de la France — trois pays qui sont, eux, parties à la CPI — pour se rendre aux États-Unis.

Il est compliqué de démêler l’écheveau des intérêts géopolitiques et économiques, des partis pris idéologiques, de l’indifférence ou de la lâcheté qui permettent à ce dirigeant de continuer à bénéficier d’une telle immunité. Les crimes commis par l’État qu’il gouverne sont pourtant dûment documentés depuis deux ans — par la CPI, mais aussi la Cour internationale de justice (CIJ), diverses commissions et rapporteurs onusiens, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et d’éminents spécialistes du droit international —, et leur qualification s’est précisée au fil du temps.

De même, il sera difficile de tirer au clair l’enchevêtrement des responsabilités ayant contribué à ce que le pire puisse être commis à Gaza. Mais, sauf à accepter l’idée que l’enclave palestinienne soit devenue le tombeau du droit international humanitaire, cet examen de conscience devra être fait.

« Ce qui se passe et est accepté à Gaza n’est pas une chose qui peut être isolée ; cela deviendra la nouvelle norme pour les conflits futurs », mettait en garde, quelques semaines avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu d’octobre 2025, le commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) Philippe Lazzarini (El País, 1er septembre 2025).

Les initiatives sur le terrain judiciaire ont été dédaignées par nombre d’États, dont les plus puissants n’ont pas ménagé leurs efforts de sabotage 

Si Israël en porte la responsabilité la plus écrasante, la destruction de Gaza et le massacre de ses habitants n’auraient jamais été possibles sans complicités tierces.

Combien d’États ont vraiment tenté d’enrayer cette fuite en avant meurtrière ? Depuis le début de l’offensive, seule une dizaine de pays (Belize, Bolivie, Colombie…) ont rompu ou altéré leurs relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Parmi eux, l’Afrique du Sud est la première à avoir saisi la CIJ, le 29 décembre 2023, en accusant Israël de violation de la convention des Nations unies sur le crime de génocide.

Elle a par la suite été rejointe par treize autres pays. Ce n’est pas beaucoup pour une « communauté internationale » comptant près de deux cents membres, et encore moins à l’aune d’une hécatombe dont les images ont quotidiennement hanté les réseaux sociaux. Alors même que la pression montait dans les opinions publiques pour réclamer des actions plus décisives, les initiatives judiciaires ont été dédaignées par de nombreux États.

Les plus puissants n’ont pas ménagé leurs efforts de sabotage, comme le Royaume-Uni, qui a menacé de priver la CPI de financements, ou les États-Unis, qui ont infligé des sanctions à onze de ses magistrats, ainsi qu’à la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese.

Et que retiendra l’histoire de ceux qui ont continué leurs livraisons d’armes à Israël, les États-Unis, l’Allemagne ou l’Italie, pour ne citer que les plus importants fournisseurs ?

En annulant leurs contrats avec ce pays dépendant des approvisionnements extérieurs, l’Espagne et la Slovénie ont choisi une autre voie, celle du refus de participer aux crimes commis contre les Palestiniens. Que dire, enfin, de ceux qui, au sein de nos sociétés, ont persisté sans états d’âme à invoquer le droit d’Israël à se défendre alors que s’accumulaient les preuves d’un génocide ?

La complaisance avec Israël ne date pas d’hier. L’anéantissement de Gaza est l’aboutissement tragique de décennies d’impunité, qui ont délégitimé les droits des Palestiniens et conforté leur déshumanisation. Selon le moteur de recherche Résolutions ! développé par Le Monde diplomatique (1), le concert des nations a laissé Israël fouler aux pieds pas moins de 1 201 résolutions onusiennes depuis 1947, du droit au retour des populations à la restitution des territoires occupés après la guerre de 1967 en passant par l’arrêt et le démantèlement des colonies.

À moins de remettre en cause cette impunité, les ambitions sans limites de M. Netanyahou et ses acolytes prévaudront. Alors même que le cessez-le-feu peine à entrer dans sa deuxième phase, censée engager le déploiement d’une force internationale de stabilisation et d’une nouvelle structure de gouvernance, l’armée israélienne continue d’occuper la moitié de Gaza et d’en décimer la population. Près de cinq cents personnes ont péri depuis la mi-octobre dans l’enclave, où la presse étrangère est toujours interdite et où une quarantaine d’ONG sont désormais bannies.

En Cisjordanie, les attaques de villages palestiniens isolés et les déplacements forcés sont au paroxysme.

L’avis historique de la CIJ sur l’illicéité de l’occupation (19 juillet 2024) n’a eu aucun effet sur le terrain. L’annexion de ce territoire est l’objectif affirmé de plusieurs ministres et députés à la Knesset. Assaillis en permanence, abandonnés par une Autorité palestinienne défaillante, des Palestiniens prendront tôt ou tard le risque de répliquer. Or la moindre tentative de riposte pourrait fournir le prétexte à un nouveau « Gaza ».

Les habitants de Bethléem, Hébron, Jénine et Naplouse en ont conscience ; ils savent que la densité démographique de leur ville obsède les Israéliens. Ils se doutent aussi que le reste du monde ne lèvera pas le petit doigt pour eux, et certainement pas les capitales qui feignent de croire que la création d’un État palestinien, libre et pleinement souverain, demeure à l’ordre du jour.

Akram Belkaïd & Angélique Mounier-Kuhn

(1) Lire Suzy Gaidoz et Pierre Rimbert, « Une seule solution, la résolution ! », Le Monde diplomatique, décembre 2025. 

 

ESPAÑOL

Impunidad

¿Quién castigará a Israel, o al menos a sus líderes, por la destrucción de Gaza y la muerte de decenas de miles de civiles palestinos? Ciertamente no Estados Unidos.
 
La presencia de Benjamin Netanyahu en la fiesta de Nochevieja del presidente Donald Trump en su residencia de Mar-a-Lago es un testimonio, por si fuera necesario, de los privilegios que el primer ministro israelí disfruta en suelo estadounidense.
 
El 21 de noviembre de 2024, la Corte Penal Internacional (CPI) emitió una orden de arresto contra él, así como contra su exministro de Defensa, Yoav Galant, por crímenes de guerra y crímenes de lesa humanidad. Aunque Estados Unidos no ha ratificado el Estatuto de Roma que estableció la CPI, esta orden, basada en acusaciones extremadamente graves —el uso de la inanición y la privación de medicamentos, combustible y electricidad como método de guerra— podría haber justificado el arresto del primer ministro israelí.
 
Al menos debería haberle impedido cruzar el espacio aéreo de Grecia, Italia y Francia —tres países que son parte de la CPI— para llegar a Estados Unidos.
 
Es complicado desentrañar la maraña de intereses geopolíticos y económicos, sesgos ideológicos, indiferencia o cobardía que permiten a este líder seguir disfrutando de tal inmunidad. Los crímenes cometidos por el Estado que gobierna han sido debidamente documentados durante dos años —por la CPI, pero también por la Corte Internacional de Justicia (CIJ), diversas comisiones y relatores de la ONU, varias organizaciones no gubernamentales (ONG) y eminentes expertos en derecho internacional— y su clasificación se ha vuelto más clara con el tiempo.
 
De igual manera, será difícil esclarecer la compleja red de responsabilidades que contribuyó a los peores hechos cometidos en Gaza. Pero a menos que aceptemos la idea de que el enclave palestino se ha convertido en el cementerio del derecho internacional humanitario, es necesario realizar este autoexamen.
 
“Lo que está sucediendo y se está aceptando en Gaza no es algo que pueda aislarse; se convertirá en la nueva norma para futuros conflictos”, advirtió Philippe Lazzarini, Comisionado General del Organismo de Obras Públicas y Socorro de las Naciones Unidas para los Refugiados de Palestina en el Cercano Oriente (OOPS), pocas semanas antes de la entrada en vigor del alto el fuego de octubre de 2025 (El País, 1 de septiembre de 2025).
 
Las iniciativas en el ámbito legal han sido despreciadas por muchos Estados, y los más poderosos no han escatimado esfuerzos para sabotearlas. Si bien Israel tiene la abrumadora responsabilidad, la destrucción de Gaza y la masacre de sus habitantes nunca habrían sido posibles sin la complicidad de terceros.
 
¿Cuántos Estados han intentado realmente detener esta mortífera escalada? Desde el inicio de la ofensiva, solo unos diez países (Belice, Bolivia, Colombia, etc.) han roto o alterado sus relaciones diplomáticas con Tel Aviv. Entre ellos, Sudáfrica fue el primero en presentar el caso ante la Corte Internacional de Justicia (CIJ), el 29 de diciembre de 2023, acusando a Israel de violar la Convención de las Naciones Unidas sobre el Delito de Genocidio. Posteriormente, se le unieron otros trece países.
 
Esto no es mucho para una "comunidad internacional" de casi doscientos miembros, y menos aún a la luz de una masacre cuyas imágenes invadieron las redes sociales a diario. Incluso mientras aumentaba la presión pública para que se tomaran medidas más decisivas, muchos Estados ignoraron las iniciativas legales.
 
Las naciones más poderosas no escatimaron esfuerzos para sabotear el proceso, como el Reino Unido, que amenazó con cortar la financiación a la CPI, y Estados Unidos, que impuso sanciones a once de sus jueces, así como a la Relatora Especial de la ONU, Francesca Albanese.
 
¿Y qué recordará la historia de quienes continuaron suministrando armas a Israel: Estados Unidos, Alemania e Italia, por nombrar solo a los proveedores más importantes? Al cancelar sus contratos con este país dependiente de suministros extranjeros, España y Eslovenia optaron por un camino diferente: negarse a participar en los crímenes cometidos contra los palestinos.
 
Finalmente, ¿qué puede decirse de quienes, dentro de nuestras sociedades, persistieron, sin reparos, en invocar el derecho de Israel a la legítima defensa mientras aumentaban las pruebas de genocidio?
 
La complicidad con Israel no es nada nuevo. La aniquilación de Gaza es la trágica culminación de décadas de impunidad, que han deslegitimado los derechos de los palestinos y han reforzado su deshumanización.
 
Según el motor de búsqueda Resolutions!, desarrollado por Le Monde diplomatique (1), la comunidad internacional ha permitido que Israel pisotee no menos de 1201 resoluciones de la ONU desde 1947, desde el derecho al retorno de las poblaciones hasta la restitución de los territorios ocupados tras la guerra de 1967, incluyendo el cese de las hostilidades y el 
desmantelamiento de asentamientos.
 
A menos que se desafíe esta impunidad, las ambiciones desmedidas del Sr. Netanyahu y sus compinches prevalecerán.
 
Incluso mientras el alto el fuego lucha por entrar en su segunda fase, que implica el despliegue de una fuerza internacional de estabilización y una nueva estructura de gobierno, el ejército israelí continúa ocupando la mitad de Gaza y diezmando su población. Casi quinientas personas han muerto desde mediados de octubre en el enclave, donde la prensa extranjera sigue prohibida y unas cuarenta ONG también lo están.
 
En Cisjordania, los ataques a aldeas palestinas aisladas y los desplazamientos forzados están en su punto álgido.
 
La histórica opinión consultiva de la CIJ sobre la ilegalidad de la ocupación (19 de julio de 2024) no ha tenido ningún efecto sobre el terreno. La anexión de este territorio es el objetivo declarado de varios ministros y miembros de la Knéset. Constantemente asediados y abandonados por una Autoridad Palestina en decadencia, los palestinos tarde o temprano se arriesgarán a tomar represalias.
 
Sin embargo, el más mínimo intento de represalia podría servir de pretexto para otra “Gaza”. Los habitantes de Belén, Hebrón, Yenín y Nablus lo saben muy bien; saben que la densidad de población de sus ciudades obsesiona a los israelíes. También sospechan que el resto del mundo no moverá un dedo por ellos, y mucho menos las capitales que fingen creer que la creación de un Estado palestino libre y plenamente soberano sigue siendo una prioridad.
 
Akram Belkaïd y Angélique Mounier-Kuhn
 
(1) Véase Suzy Gaidoz y Pierre Rimbert, «Solo una solución: ¡la resolución!», Le Monde diplomatique, diciembre de 2025.
 
ENGLISH
 
 
The presence of Benjamin Netanyahu at President Donald Trump's New Year's Eve party at his Mar-a-Lago residence is a testament, if one were needed, to the privileges the Israeli prime minister enjoys on American soil.
 
On November 21, 2024, the International Criminal Court (ICC) issued an arrest warrant against him—as well as against his former defense minister, Yoav Galant—for war crimes and crimes against humanity. Even though the United States has not ratified the Rome Statute that established the ICC, this warrant, based on extremely serious accusations—the use of starvation and the deprivation of medicine, fuel, and electricity as a method of warfare—could have justified the arrest of the Israeli prime minister.
 
He should at least have prevented him from crossing the airspace of Greece, Italy, and France—three countries that are themselves parties to the ICC—to reach the United States. It is complicated to unravel the tangle of geopolitical and economic interests, ideological biases, indifference, or cowardice that allow this leader to continue enjoying such immunity.
 
The crimes committed by the state he governs have been duly documented for two years—by the ICC, but also by the International Court of Justice (ICJ), various UN commissions and rapporteurs, several non-governmental organizations (NGOs), and eminent international law experts—and their classification has become clearer over time. Similarly, it will be difficult to clarify the complex web of responsibilities that contributed to the worst being committed in Gaza.
 
But unless we accept the idea that the Palestinian enclave has become the graveyard of international humanitarian law, this self-examination must be undertaken. “What is happening and being accepted in Gaza is not something that can be isolated; it will become the new norm for future conflicts,” warned Philippe Lazzarini, Commissioner-General of the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (UNRWA), a few weeks before the October 2025 ceasefire came into effect (El País, September 1, 2025).
 
Initiatives in the legal arena have been scorned by many states, the most powerful of which have spared no effort in sabotaging them. While Israel bears the overwhelming responsibility, the destruction of Gaza and the massacre of its inhabitants would never have been possible without third-party complicity.
 
How many states have truly tried to stop this deadly escalation?
 
Since the start of the offensive, only about ten countries (Belize, Bolivia, Colombia, etc.) have severed or altered their diplomatic relations with Tel Aviv. Among them, South Africa was the first to bring the case before the International Court of Justice (ICJ), on December 29, 2023, accusing Israel of violating the United Nations Convention on the Crime of Genocide. It was subsequently joined by thirteen other countries. This is not much for an “international community” of nearly two hundred members, and even less so in light of a massacre whose images haunted social media daily.
 
Even as public pressure mounted for more decisive action, legal initiatives were ignored by many states. The most powerful nations spared no effort in sabotaging the process, such as the United Kingdom, which threatened to cut off funding to the ICC, and the United States, which imposed sanctions on eleven of its judges, as well as on the UN Special Rapporteur, Francesca Albanese.
 
And what will history remember of those who continued to supply arms to Israel—the United States, Germany, and Italy, to name only the most important suppliers? By canceling their contracts with this country dependent on foreign supplies, Spain and Slovenia chose a different path: that of refusing to participate in the crimes committed against the Palestinians. Finally, what can be said of those within our societies who persisted, without qualms, in invoking Israel's right to self-defense while evidence of genocide mounted?
 
Complicity with Israel is nothing new. The annihilation of Gaza is the tragic culmination of decades of impunity, which have delegitimized the rights of the Palestinians and reinforced their dehumanization.
 
According to the Resolutions! search engine developed by Le Monde diplomatique (1), the international community has allowed Israel to trample on no fewer than 1,201 UN resolutions since 1947, from the right of return for populations to the restitution of territories occupied after the 1967 war, including the cessation of hostilities and the 
dismantling of settlements. Unless this impunity is challenged, the boundless ambitions of Mr. Netanyahu and his cronies will prevail.
 
Even as the ceasefire struggles to enter its second phase, intended to involve the deployment of an international stabilization force and a new governance structure, the Israeli army continues to occupy half of Gaza and decimate its population. Nearly five hundred people have died since mid-October in the enclave, where the foreign press remains banned and some forty NGOs are now prohibited.
 
In the West Bank, attacks on isolated Palestinian villages and forced displacements are at their peak. The ICJ’s landmark advisory opinion on the illegality of the occupation (July 19, 2024) has had no effect on the ground. The annexation of this territory is the stated objective of several ministers and members of the Knesset. Constantly besieged and abandoned by a failing Palestinian Authority, Palestinians will sooner or later risk retaliating. Yet the slightest attempt at retaliation could provide the pretext for another “Gaza.”
 
The inhabitants of Bethlehem, Hebron, Jenin, and Nablus are well aware of this; they know that the population density of their cities obsesses the Israelis. They also suspect that the rest of the world will not lift a finger for them, and certainly not the capitals that pretend to believe that the creation of a free and fully sovereign Palestinian state remains on the agenda.
 
Akram Belkaïd & Angélique Mounier-Kuhn
 
(1) See Suzy Gaidoz and Pierre Rimbert, “Only one solution: resolution!”, Le Monde diplomatique, December 2025.